Usages de l’eau
Analyse de l’eau d’un puits, quand et comment la faire

L’eau d’un puits se fait analyser par un laboratoire agréé avant d’être bue, puis à intervalles réguliers. En Champagne, l’analyse cherche surtout les bactéries venues de la surface et les nitrates, fréquents sous les terres cultivées.
Une eau limpide peut cacher l’un comme l’autre. L’analyse est donc le seul moyen de savoir ce que vaut l’eau de votre puits, et pour quel usage.
Quand faire analyser l’eau d’un puits
Service-public est clair sur un point. Pour toute consommation humaine, le contrôle par un laboratoire agréé est imposé, résultat joint au dossier de fin de chantier.
Au-delà de cette règle, plusieurs moments s’y prêtent. Après la création d’un puits, après un curage et une désinfection, à l’achat d’une maison, ou quand l’eau change d’aspect, d’odeur ou de goût.
Pour un simple arrosage, l’analyse n’est pas imposée. Elle reste utile pour un potager dont les légumes se mangent crus, ou pour remplir une piscine où des enfants se baignent.
Un laboratoire agréé, pas un test maison
Les bandelettes vendues en magasin donnent une indication rapide. Elles ne remplacent pas un laboratoire agréé, seul reconnu pour une déclaration et seul capable de chercher les bactéries de façon fiable.

Le laboratoire fournit des flacons propres, parfois stériles, et une fiche qui explique le prélèvement. Certains viennent prélever eux-mêmes, d’autres reçoivent les flacons déposés par le propriétaire.
Le coût dépend du laboratoire et de la liste des paramètres demandés. Demandez-lui un devis en précisant l’usage prévu, boisson, cuisine, arrosage ou piscine.
Nitrates et bactéries, les deux grandes questions
Les bactéries signalent une pollution récente venue de la surface. Elles entrent souvent par une tête de puits mal fermée, une margelle trop basse ou des joints ouverts.
Les engrais et les effluents d’élevage sont la première source de nitrates. La fiche du SIGES Seine-Normandie rappelle que 70 % des terres au-dessus de la nappe de la craie sont cultivées.
L’ARS Grand Est retient pour l’eau du robinet une limite de 50 mg/l de nitrates, fondée sur une recommandation de l’OMS. Au-delà, les nourrissons et les femmes enceintes ne doivent pas consommer cette eau.
Bien prélever pour un résultat juste
Pour l’échantillon, on ouvre le robinet le plus proche du puits et on attend quelques minutes avant de remplir le flacon. Les flacons se remplissent sans toucher l’intérieur du bouchon, puis partent au laboratoire dans le délai qu’il indique.
Évitez de prélever juste après un curage ou une désinfection. L’eau doit avoir retrouvé son état habituel, sinon le résultat décrit le chantier et non le puits.
Notez sur la fiche la date, l’aspect de l’eau et l’usage du puits ces derniers jours. Ces détails aident le laboratoire, et vous, à comparer les analyses d’une année sur l’autre.
La saison compte aussi. Une analyse faite après de fortes pluies peut montrer davantage de bactéries qu’une analyse faite en période sèche. Les deux disent quelque chose d’utile.
Lire le résultat et décider
Le rapport compare chaque paramètre à une valeur de référence. Si tout est conforme pour l’usage prévu, l’eau peut servir, et une nouvelle analyse se prévoit au fil des années.
Si des bactéries apparaissent, la cause se cherche à la tête du puits. Un curage, une reprise des joints et une désinfection suivie d’une nouvelle analyse règlent souvent le problème.
Rangez chaque résultat avec les papiers de la maison. Ils montrent l’évolution de l’eau dans le temps et rassurent un futur acheteur.
Si les nitrates dépassent la limite, la cause vient de la nappe et non du puits. L’eau reste alors réservée à l’arrosage ou aux toilettes. Pour comprendre ce lien, lisez la nappe de la craie expliquée.